Naturopathe imparfaite : café à jeun, chambre trop chaude, gluten occasionnel... Découvre pourquoi la règle du 80/20 est plus saine que la perfection.
Tu pensais peut-être que parce que je suis naturopathe, je bois mes tisanes à 18h pile, je dors à 21h30 dans une chambre à 18°C exactement, et que je n'ai jamais touché une part de pizza car en fait je ne mange que des graines ? Spoiler alerte : c'est faux. Et je vais te raconter pourquoi... ça fait du bien et c'est même libérateur.
Le mythe de la naturopathe parfaite
Avant de t'en dire plus, laisse-moi te poser une question : est-ce que tu imagines ton médecin comme quelqu'un qui ne tombe jamais malade ? Ton psy comme quelqu'un qui n'a jamais d'anxiété ? Ton coach sportif comme quelqu'un qui ne zappe jamais une séance ?
Non, hein ? Parce que tu sais qu'ils sont humains.
Eh bien, moi aussi. Je suis naturopathe. Je connais les règles. Je sais ce qui est "optimal". Mais je ne les applique pas toutes, tout le temps, à 100%.
Et tu sais quoi ? Ça ne fait pas de moi une mauvaise naturopathe. Ça fait de moi une humaine.
Aujourd'hui, je veux te dévoiler mes "imperfections". Pas pour te déculpabiliser (enfin, si, un peu). Mais surtout pour te montrer qu'on peut prendre soin de soi sans devenir parfaite. Et que la quête de perfection peut être plus toxique que les "erreurs" elles-mêmes.
Mon café du matin : la confession
Allez, je commence fort.
Je bois très souvent mon café à jeun. Oui, moi, nutrithérapeute et naturopathe diplômée, formée à Genève, qui sait exactement ce que ça fait à mon cortisol. Et je le fais quand même.
Pourquoi ce n'est pas "optimal" ?
Ton cortisol (l'hormone du stress et de l'éveil) est naturellement très élevé le matin. C'est normal et même nécessaire : pendant la nuit, ton corps est en jeûne, il doit mobiliser ses réserves énergétiques pour te permettre de te lever. Le cortisol joue ce rôle de "starter matinal".
Le problème ? La caféine a des effets "adrénaline-like" : elle augmente encore plus ton cortisol, stimule ton système nerveux sympathique (celui qui te met en mode "action"), et provoque une fuite de magnésium (ton anti-stress numéro 1) par l'urine.
Résultat : tu amplifies un pic de cortisol déjà présent, au détriment de ton équilibre nerveux.
L'alternative "parfaite" ? Attendre 1-2h après le réveil, ou prendre un petit-déjeuner avec des protéines et des bonnes graisses (œuf, avocat, yaourt grec) AVANT le café (mais évite le sucre qui fait encore augmenter ton cortisol). Pourquoi ? Parce que ces protéines apportent de la tyrosine et de la phénylalanine, les acides aminés nécessaires à la fabrication de ta dopamine et ta noradrénaline matinales qui sont tes vrais "boosters".
Mais voici la vérité : certains matins, je n'ai pas le temps. Certains matins, j'ai juste envie de mon café direct. Et tu sais quoi ? Je l'accepte. Parce que ce n'est pas "grave". C'est juste "pas optimal". Et ça ne ruine pas ma santé.
Ma chambre trop chaude : la frileuse assume
On recommande de dormir dans une chambre à 18°C. Pourquoi ? Parce que la baisse de ta température corporelle est un signal majeur pour la production de mélatonine, l'hormone du sommeil profond et réparateur.
Le cortisol te maintient en mode "ON" (activité, vigilance). La mélatonine te met en mode "OFF" (repos, régénération). Une chambre fraîche facilite cette transition circadienne naturelle.
Le problème ? Je suis frileuse. Vraiment frileuse. Genre "trois couches de vêtements en hiver". Une vraie frileuse quoi !
Alors parfois, je monte le chauffage. À 20°C. Voire 21°C. Parce que sinon, je passe la nuit à frissonner sous la couette, ce qui est encore pire pour mon sommeil que les 3°C "non optimaux".
Et tu sais quoi ? C'est OK. Parce que forcer un inconfort thermique génère du stress chronique, qui sabote ton sommeil bien plus que la température "imparfaite".
Je compense autrement : couvertures chaudes, pyjama épais, chaussettes aux pieds. L'essentiel, c'est mon confort global et la régularité de mon sommeil. Pas le chiffre "idéal".
Mon gluten et mon lactose : les repas en famille
Je ne suis pas intolérante au gluten ni au lactose (diagnostiqué). Mais je sais que trop en manger ne me fais pas du bien. Je sais aussi que pour certaines personnes sensibles, les limiter peut réduire l'inflammation et améliorer la digestion.
Pourtant, il m'arrive de manger du pain avec du fromage. Ou une pizza avec des amis. Ou un gâteau avec ma fille et mon chéri pour le goûter.
Pourquoi ? Parce que la vie sociale compte autant que l'alimentation parfaite. En naturopathie on travaille sur la santé holistique c'est à dire qui prend en compte toutes les facettes du quotidien. passer du bon temps et se laisser tranquille fait partie d'une bonne hygiène de vie.
Tu sais ce qui fait plus de dégâts à ta santé qu'un morceau de pain occasionnel ? L'anxiété chronique. La culpabilité à chaque bouchée. le contrôle cognitif. La désocialisation parce que tu refuses tous les repas de famille.
Avoir une anxiété constante a beaucoup plus de conséquences sur ta muqueuse intestinale que l'ingestion occasionnelle d'un morceau de pain.
Alors oui, je choisis en conscience. Parfois, je mange du gluten ou du lactose pour partager un moment avec mes proches. Ou juste parce que j'en ai envie. Et je ne me blâme pas.
Mon verre de vin occasionnel : la modération bienveillante
Je bois de l'alcool. Avec grande modération, mais ça arrive.
Qu'est-ce que "grande modération" ? Selon l'OMS, c'est moins de 14 verres par semaine pour les femmes (2 verres/jour max), avec au moins 1 jour d'abstinence par semaine. Un verre c'est 10g d'alcool pur.
Moi ? Je suis loin de ça. L'important pour moi est que je ne bois jamais seule pour combler un manque ou par mal être. Je bois lors de dîners entre amis, pour célébrer une occasion spéciale ou pour partager un moment de convivialité (je suis française quand même :-)).
Est-ce que c'est "interdit" en naturopathie ? Non. C'est une recommandation de limiter, pas un interdit absolu. Et il y a une énorme différence entre une consommation quotidienne (qui sollicite chroniquement le foie, les surrénales, le pancréas) et une consommation occasionnelle mesurée.
Alors oui, parfois je trinque. Et je ne me blâme pas. Parce que la convivialité, la célébration, le plaisir partagé... ça compte vraiment.








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